Un tweet d'un des photographes que je suis m'a fait découvrir la série Days with my Father de Phillip Toledano. C'est une expérience bouleversante que de suivre cette histoire en photo de l'amour d'un fils pour son père vieillissant. Les photos sont magnifiques de justesse, poignantes et d'une proximité incroyable. J'en suis ressorti très ému, et même si ce n'est pas vraiment gai, je vous le recommande très vivement...
A tweet from one of the photographers I follow made me discover the Days with my Father series by Phillip Toledano. Reading through this story in pictures of a son's love for his ageing father nearly moved me to tears. The photos are just superbly right, deeply moving and convey an incredible closeness. It's not exactly joyous, but I heartily recommend it nonetheless...



Cette série de photos me fait venir à l'esprit plusieurs niveaux de réactions :
- en premier lieu, le fait que la photographie de portrait est à la fois, entre le photographe et le modèle, une complicité et un combat. Forcément une complicité, parce que sans l'accord du modèle, le portraitiste ne peut pas agir (j'exclus, bien sûr, de ma réflexion, les "photos volées"). Mais aussi un combat parce que, d'une certaine manière, le modèle veut montrer certaines facettes de lui et pas d'autres, alors que le photographe veut peut-être découvrir et capter ces facettes non dévoilées de plein gré par le modèle ;
- en deuxième lieu, un sentiment très partagé sur cette série de photographies : d'un côté, l'émotion forte qui se construit au fur et à mesure que l'on avance dans la série, que l'on commence à mieux comprendre le sens de la démarche du fils et à voir que le père s'ouvre, peu à peu, au regard de son fils ; de l'autre côté, la sensation, finalement assez désagréable pour moi, d'avoir été voyeur de cette intimité, jusqu'à franchir la ligne du voyeurisme presque morbide, quand on commence à se douter de ce qui conduira à la fin de la série ;
- enfin, un regard plus technico-artistique sur les photographies elles-mêmes. J'ai essayé de l'avoir sur le moment, en regardant les photos, et à la mesure de mes maigres connaissances photographiques. Mais je ne me sens pas capable, pour le moment tout au moins, de regarder à nouveau la série, pour mieux comprendre les photos. La sensation désagréable que j'évoque plus haut est encore trop présente pour que je refasse le même chemin presque voyeur.
Posted by: Xaramis | 12/12/2009 at 09:55 PM